Le foyer sacré des Co Tu

Les Co TuDans la vie quotidienne et spirituelle des Co Tu, le foyer joue un rôle important. C’est même un lieu sacré, un symbole de bonheur et de prospérité.

Ces dernières années, en raison de l’amélioration du niveau de vie, l’ethnie minoritaire Co Tu a pris conscience de l’effet négatif des fumées du foyer sur la santé. C’est pourquoi ce dernier n’est plus installé au centre de la maison mais un peu à l’écart. Toutefois, tous les rites traditionnels sont préservés.

Depuis toujours, les Co Tu, une ethnie que l’on trouve essentiellement dans l’Ouest de la province de Quang Nam (Centre), font grand cas de leur foyer. Car il sert non seulement à la cuisson des produits alimentaires mais encore à l’éclairage de la maison en soirée et au réchauffage des pièces à vivre pendant l’hiver.

Une fois achevée la construction du Gươl, maison communautaire traditionnelle des Co Tu, une des premières choses que fait le patriarche du village est d’allumer le feu. Quand un villageois construit une nouvelle maison, le premier travail du propriétaire est de rechercher la place pour installer le t’pêếh (foyer). Les Co Tu pensent que le foyer est un lieu sacré, un symbole du bonheur, de la prospérité pour les villageois et les membres d’une famille.

Où se situe le foyer ?

«Dans le passé, le foyer se trouvait en général au milieu de la maison. L’important, c’était éviter que le soleil de l’après-midi ne l’éclaire», souligne Dinh Van Bot (68 ans), patriarche du village de Tà Lâu de la commune de Ba (district de Dông Giang, province de Quang Nam. Selon la conception des Co Tu, le soleil de l’après-midi est très chaud et si les rayons viennent à toucher le foyer, cela apportera de mauvaises choses aux habitants, sinon le malheur.

Autrefois, lorsque les Co Tu vivaient dans des maisons sur pilotis, le foyer d’une famille riche se situait dans un des quatre coins de la maison et le propriétaire y mettait des objets précieux. Les personnes étrangères ou en dehors de la famille n’avaient pas le droit d’y aller.

Dans la maison des Co Tu, le foyer est situé à une hauteur de 12 cm à 15 cm par rapport au plancher. En hiver, leurs membres dorment autour, les pieds tournés vers la source de chaleur.

Rites traditionnels

Les Co Tu s’abstiennent de jeter des déchets dans le foyer et utilisent du bois générant peu de fumée. Le soir, les membres de la famille se regroupent autour.

Auparavant, il y avait de nombreux rites concernant le foyer. Les visiteurs étrangers et les enfants ne pouvaient pas allumer le feu sans l’autorisation du propriétaire. Si un visiteur ne voyait pas de fumée sur le toit de la maison, il passait son chemin.

Le bois pour allumer le foyer est récolté à la fin de la culture sur brûlis et porté par les femmes dans des hottes. En été, il est séché dans la cour. À la saison des pluies, il est mis près du foyer pour sécher plus rapidement. Au dessus du foyer se trouve une tir zơbu (tonnelle de deux à trois étages) pour sécher les produits alimentaires et le bois. Sous le toit en feuilles de latanier trônent des centaines de crânes d’animaux sauvages. Là un culte est rendu au Giàng (Génie du ciel), censé apporter des succès à la chasse. Une fois confectionné, l’outil est accroché sur la tir zơbu pour qu’il prenne une belle couleur et soit plus solide.

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