Les chamans Muong – Les thày mo

les-thay-moLes Muong sont polythéïstes. Ils vouent une véritable dévotion à leurs thày mo, à leurs chamans, autrement dit, qui sont des intermédiaires entre les forces célestes et les êtres vivants et qui font office de guides religieux et spirituels pour toute la communauté.

Autant le dire d’entrée de jeu, n’est pas chaman qui veut ! Ne serait-ce qu’en vertu des centaines d’oraisons qu’il doit retenir, le chaman doit tout d’abord être doué d’une mémoire prodigieuse. Mais il doit aussi être doté d’une voix expressive qui lui permettra de captiver un grand public.

Chez les Muong, le thày mo dirige les cérémonies chamaniques, les « cérémonies Mo », en alternant invocations et oraisons.

La province de Hoà Binh compte actuellement quelque 300 chamans. Parmi eux, Bui Van Lung.

« On peut dire que c’est un atavisme familial, une vocation qui se transmet au fil des générations. Un thày mo doit être honnête, dévoué et charismatique… Il y a un certain nombre de personnes qui répondent à ces caractéristiques, dans le hameau, jeunes ou moins jeunes… Pour ce qui est des oraisons, des formules incantatoires, elles se transmettent de bouche à oreille, même si maintenant, on essaie d’en faire une transcription à l’écrit…»

Thanh Hoa et Hoà Binh sont les deux contrées d’où sont issus les plus grands chamans Muong. De nos jours, ces chamans sont les gardiens des traditions. C’est en tout cas ainsi que les considère Charles Robequain, un folkloriste français, qui s’est beaucoup penché sur les Muong.

Chez les Muong, les chamans passent pour être des intermédiaires entre le ciel et la terre. Ils jouissent donc d’un prestige évident, et même d’une très réelle autorité morale puisqu’ils sont les guides spirituels de toute la communauté. Bui Van Lung, toujours :

« Nous avons énormément d’oraisons, pour différentes occasions ou différents génies. Toutes sont en langue Muong. En général, c’est très long : ça dure facilement une heure ! »

Les Muong ont des centaines d’oraisons et autant de cérémonies. Ils pratiquent par exemple le culte du génie de la forêt pour s’attirer sa protection, gage de prospérité. Mais ils organisent aussi des cérémonies pour les nouvelles maisons, pour les mariages bien sûr, pour les naissances, pour conjurer le mauvais sort lorsque quelqu’un tombe malade… Leur existence toute entière est rythmée par des rituels, des rituels qui nécessitent absolument la présence du chaman, comme nous l’explique Bui Van Tua :

« Le chaman est indispensable, personne ne peut le remplacer. On peut faire le culte soi-même pendant la nuit du Réveillon, mais durant les premiers jours du Nouvel an, il faut inviter un véritable chaman à venir présider la cérémonie. Il va faire le culte pendant une heure et prononcer une oraison. »

Ces oraisons anciennes font partie intégrante de la spiritualité Muong, estime Bui Thi Bien :

« Seuls les chamans peuvent lire les oraisons. Grâce à eux, l’année qui débute est placée sous le signe du bonheur et de la prospérité. »

En plus d’être les médiateurs du ciel, les chamans sont aussi les porte-paroles d’une culture ancestrale…

Source: VOV

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