Les chants folkloriques Ví et Giặm au Vietnam

chant-vi-et-damVí et Giặm sont une forme musicale populaire chantée par une grande diversité de communautés vietnamiennes des provinces de Nghệ An et Hà Tĩnh dans le centre nord du Viet Nam.

Chansonnettes alternées entre garçons et jeunes filles, Ví et Giặm, choisies pour se porter candidat au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO, jouent un rôle important dans les mœurs et coutumes des habitants des provinces de Nghê An et Hà Tinh.

La richesse littéraire et poétique du Ví et Giặm réside dans l’emploi fréquent des figures stylistiques telles que l’allusion littéraire, la comparaison, la métaphore, le parallélisme, l’antithèse, l’hyperbole, l’inversion, la répétition et la métonymie.

Selon le chercheur Nguyên Dông Chi, un groupe d’amateurs de chant se compose de deux, trois ou de cinq, six personnes dont l’une qui improvise, qui réplique avec talent est le chef. Ce groupe rencontre un autre formé par des personnes de sexe opposé.

Au début, un homme se met à chanter quelques phrases de prélude quasi insignifiantes ou gaies, jusqu’à l’instant où venant de l’autre groupe s’élève la voix d’une femme et la fête de chants commence. Les deux groupes s’assoient face à face à une dizaine de mètres environ, de préférence sous l’ombre de quelques arbres à cause de leur volonté de discrétion, de réserve.

L’auditoire se masse tout autour, les chanteurs s’assoient toujours en position accroupie et à l’écart de toute lumière qui risquerait, ainsi que la position assise normale, de tuer leur inspiration. Du côté masculin, les chanteurs chantent en faisant déformer leur voix par le souffle d’un éventail dont se passent les femmes, lesquelles veulent garder pure leur mélodie.

Les chants-préludes du groupe masculin comportent toujours des compliments, des vœux, vœux aux maîtres de maison si la fête a lieu dans une maison, éloges aux notables si elle se déroule dans la cour de la maison commune.

Avant d’aborder les questions de sentiment, d’amour, les adversaires des deux côtés s’interrogent sur leurs noms et curriculum vitae, s’envoient des devinettes, se lancent des défis, s’invitent à mâcher du bétel et à fumer du tabac.

Quand enfin l’amour s’épanouit, éclate, garçons et filles, hommes et femmes s’étendent longuement sur les sujets assez confidentiels, ce sont en somme des déclarations d’amour publiques, à peine déguisées sous le voile de la métaphore et de la comparaison : la corde cherche le museau du buffle, ou l’homme qui va abattre les arbres pour construire un pont, c’est la recherche de l’amour, le désir de se marier, de s’installer en ménage.

Le bonheur pour les chanteurs des deux sexes, c’est celui de se trouver proches les uns des autres, c’est aussi le plaisir de pouvoir improviser des chants, de défier l’adversaire sur le plan de l’intelligence, du sang-froid, de la connaissance littéraire.

Appartenant à la littérature populaire, orale, les chants Ví et Giặm portent la marque d’un art concret, tout proche des formes, couleurs, saveurs de la vie quotidienne de la campagne.

Ces chants traduisent la vision du monde des paysans de Nghê An et Hà Tinh dans ce qu’elle a de plus caractéristique : le sens du réel et le parti pris de réalisme, l’insoumission devant rigueurs de la nature, la joie et la passion de vivre, la confiance en soi et en la lutte pour la vie, l’amour de la terre natale et de la grande patrie, l’amour passionné pour l’élu de cœur.

Source: VNA

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