La pagode de Vinh Nghiêm et son incroyable trésor

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La pagode de Vinh Nghiêm avec son toit courbé caractéristique du style traditionnel vietnamien.

La pagode de Vinh Nghiêm, à 60 km au nord de Hanoi, est classée patrimoine national spécial. Construite au XIe siècle, elle est réputée pour son architecture originale et, surtout, ses plus de 3.000 tablettes de bois sur lesquelles sont gravés les enseignements de Bouddha.

La valeur historique architecturale de la pagode de Vinh Nghiêm (commune de Tri Yên, district de Yên Dung, province de Bac Giang, Nord) lui vaut de figurer parmi les 11 ouvrages ajoutés dans la Liste des patrimoines nationaux spéciaux, suite à une décision du Premier ministre Nguyên Tân Dung publiée le 23 décembre 2015.

Une cérémonie de reconnaissance de cette distinction a été organisée le 20 mars par les autorités provinciales, en présence du vice-Premier ministre Nguyên Xuân Phuc, et des représentants de l’Église bouddhique du Vietnam. «Cette reconnaissance permet de présenter largement la valeur historique et culturelle de cette ancienne construction ainsi que de mieux faire connaître les richesses touristiques de la province de Bac Giang», affirme Nguyên Van Linh président du Comité populaire provincial.

Autre point, cette reconnaissance aide à donner du volume au dossier en cours d’élaboration sur les vestiges des dynasties des Trân (1225-1400) et le bouddhisme zen Truc Lâm-Yên Tu, en vue d’une reconnaissance par l’UNESCO en tant que patrimoine culturel et naturel mondial. Cette pagode fait en effet partie de l’ensemble des vestiges bouddhiques des Trân.

Une architecture classique et inspirée

D’après les annales historiques, la pagode de Vinh Nghiêm, qui a pour autre nom Duc La, a été construite au XIe siècle, sous la dynastie des Ly (1010-1225). L’ouvrage, qui couvre environ un hectare, occupe une position géographique décidée selon le feng shui (littéralement «vent» et «eau», un art millénaire d’origine chinoise qui a pour but d’harmoniser l’énergie environnementale d’un lieu de manière à favoriser la santé, le bien-être et la prospérité de ses occupants, ndlr). «Elle a le dos basé sur la montagne Cô Tiên et offre une vue sur la confluence de deux rivières : Luc Nam et Thuong. La pagode est entourée de touffes de bambous, de rizières et de villages agricoles. Si aujourd’hui les alentours ont quelque peu changé, sa position reste la même», explique Nguyên Tuân Duong, un ancien responsable de la commune de Tri Yên maintenant nonagénaire.

La pagode arbore une architecture d’un grand classicisme, caractérisé par une toiture courbée recouverte de tuiles. Chaque façade est ornée de motifs fins et inspirés.

Il faut savoir qu’au XIIIe siècle, sous la dynastie des Trân, l’ouvrage a été choisi pour devenir un lieu de formation de nombreuses générations de moines bouddhistes talentueux. La pagode conserve dans ses entrailles un véritable musée du bouddhisme du Vietnam du Nord en raison des nombreux documents précieux qu’elle abrite : une bonne centaine de statues de Bouddha, une reproduction de la grotte Huong Tich, une énorme cloche, un ensemble de sept stèles en pierre, de nombreux panneaux et sentences parallèles, notamment les tablettes de bois servant à l’impression des canons bouddhiques, les plus importants du Vietnam.

Les enseignements de Bouddha

La partie la plus remarquable de ce trésor est sans conteste cet ensemble de gravures xylographiques de sutras de Bouddha en han (idéogrammes chinois) et en nôm (idéogrammes vietnamiennes). En 2012, ces tablettes de bois ont été inscrites par l’UNESCO au registre «Mémoire du monde» de la région Asie-Pacifique.

Ces dernières sont en effet les seu les planches servant à imprimer les sutras de la secte zen bouddhique Truc Lâm (une école de pensée bouddhique vietnamienne dont le roi Trân Nhân Tông est l’un des fondateurs, ndlr) qui existe encore aujourd’hui. Elles comprennent 3.050 planches entreposées sur huit étagères dans le temple principal. La plupart sont des livres canoniques, soutras, commandements, ouvrages des trois fondateurs de la secte Truc Lâm : le roi Trân Nhân Tông (1258-1308), les bonzes Phap Loa (1284-1330) et Huyên Quang (1254-1334).

La plupart de ces pièces datent des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Elles sont néanmoins dans un état de conservation exceptionnel, preuve du grand savoir-faire des artisans, en sus de leurs talents de sculpteurs. Manipulées par des artisans des villages de métiers traditionnels à Bac Giang, ces tablettes sont faites avec du bois de plaqueminier qui provient tout simplement du jardin de la pagode. Ce bois, à la fois doux et résistant, se prête parfaitement à la gravure. La taille des tablettes de bois varie selon les catégories de sutras. La plus grande mesure environ 100 cm de long pour 40-50 cm de largeur. La plus petite affiche des dimensions de 15 x 20 cm.

La conservation et la mise en valeur de l’ensemble de ces gravures liturgiques sur bois sont importantes, d’autant que le passage des ans n’a eu aucune incidence sur elles. De fait, ce patrimoine documentaire unique conserve toute sa valeur.

Source: CVN

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