L’ethnie Pu Peo: Le génie de la forêt

Le-genie-de-la-foretLa forêt occupe une place prépondérante dans l’existence des Pu Peo, aussi bien sur le plan matériel que sur le plan spirituel. Aussi organisent-ils chaque année une fête en l’honneur du génie de la forêt.

Polythéïstes, les Pu Peo croient en la puissance des forces célestes. Les génies contrôlent tous les éléments de la nature : les ruisseaux, les rivières, les montagnes, et la forêt, véritable mère nourricière s’il en est. Et naturellement, il faut rendre l’hommage qui leur est dû au cours de grandes cérémonies rituelles.

« Les Pu Peo rendent hommage aux génies, qu’ils invoquent lorsqu’ils sont menacés par les épidémies, les catastrophes, les animaux sauvages ou la guerre. Lorsqu’ils sont placés sous la férule des forces célestes, la chance sourit aux Pu Peo, leurs récoltes sont abondantes… En signe de reconnaissance, ils protègent la forêt et en préservent la virginité. Pas question, pour eux, d’abattre un arbre ! » indique Luu San Van, folkloriste.

La forêt !… Le génie de la forêt est sans conteste celui que les Pu Peo vénèrent le plus. Tous les ans, au 6ème jour du 6ème mois lunaire qui est considéré comme un jour particulièrement propice, ils lui consacrent une grande fête.

« La fête est célébrée dans tout le hameau. Tout le monde apporte des offrandes : un bouc, des poulets, du riz, de l’alcool… Que sais-je encore… Tout est offert au génie de la forêt. » nous dit Trang Min Diu, de la commune de Sung Chang.

Chaque famille désigne un représentant qui sera chargé d’amener les offrandes au lieu fixé pour la cérémonie, laquelle se déroule sous la conduite d’un maître des rituels qui est bien évidemment choisi parmi les notables du village. Il – le maître des rituels, donc – dépose un bouc, deux poulets et 20 boulettes de riz devant un autel en bambou haut de deux mètres, qui est orienté vers le sommet le plus haut de la région. Après avoir invoqué le génie à deux reprises, il ordonne aux villageois de faire cuire les offrandes, avant de redéposer devant l’autel.

On implore alors les génies de la forêt, du ciel, du sol et de l’eau de daigner redescendre vers ce bas monde pour apporter leur bénédiction sur la communauté et sur la forêt. Quant aux villageois, ils jurent de préserver la forêt – encore qu’il faille plutôt parler de jungle – contre toute forme de destruction, même minime. Pour finir, tout le monde se dirige vers le plus grand arbre séculaire pour brûler les derniers bâtonnets d’encens.

« Cette fête est vraiment l’un des fleurons de notre folklore spirituel qui se transmet de génération en génération. Les rites sont suivis de jeux folkloriques, un autre trésor ancestral légué à la jeunesse. » dit Dang Ngu Hiep, président du comité populaire de la commune de Pho La.

Eh oui ! Après le sacré, le profane ! C’est dans une véritable atmosphère de kermesse que se termine la journée. Partout, on festoie au son des airs folkloriques ou des chants alternés.

« On est toujours heureux de participer à la fête ! Ça nous rend fiers de notre ethnie ! » dit Cung Thi May, du hameau de Chung Chai.

Plus qu’une cérémonie rituelle, cette fête est un véritable appel à protéger la forêt, le trésor des hauts plateaux de Ha Giang. Elle célèbre la communion de l’homme et de la nature.

Source: VOV

Publicités
Catégories : Coutumes des ethnies minoritaires | Étiquettes : , | Poster un commentaire

Navigation des articles

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :